Rencontre avec Rémi CHECCHETTO

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En lien avec le DRE (Dispositif de réussite éducative), 4 jeunes accompagnés de Géraldine et 3 jeunes lycéens de l'accompagnement à la scolarité ainsi qu'Isabelle, ont pu rencontrer Rémi CHECCHETO, en résidence d'auteur en partenariat avec POEMA.

De cette rencontre est né un poème sur la thématique de l'exil...

Je m’appelle Ismaïl, Ikram, Eylem, Sergo, Erdjal, Mirijeta, Meyeser, mon pays d’origine est le Maroc, la Turquie, l’Albanie, L’Arménie. Je suis âgé de 16, 15 et 12 ans.

La France est ma maison, je vis avec mes parents qui s’appellent Ibrahim et Serpil, Fatima et Abderahmane, Sabbedi et Hinijan.

Ma religion est joie et fierté. Dans ma famille, on parle la langue de mon pays d’origine où le mot « oui » se dit « Evet » « Hayau », « Po », « Na3am » et où le mot « famille » se dit « Aïle », « Familia », « Famili », « Simillia ».

C’est dans la tristesse que se fait la mémoire, pas toute la mémoire. Parfois la mémoire est noire, bleue foncée, violette et parfois la mémoire est vert pomme, vert St Etienne, vert menthe, vert/ vers chez soi.

J’ai quitté mon pays par obligation : la guerre, la pauvreté, la maladie, la politique qui sont des vautours, des rats, des corbeaux, des putois, des chacals.

Mon sentiment le plus fort : la colère, aux gestes que l’on ne contrôle pas et la colère courageuse, un coup de poing dans la pyramide du pouvoir, l’envie de détruire le mur qui nous empêche d’avancer vers l’avenir, la force de traverser les frontières.

De partir, de combattre, de tendre la main quand on ne veut pas une arme.

Quitter les amis du pays, la famille, les parfums de chez soi, des épices, de la terre mouillée, de l’air pur du matin, perdre les meubles de notre chambre, notre enfance, son chien Abi noir et brun.

Arriver en avion de son pays, en hiver, avoir froid parce que ne pas avoir tous les habits, s’endormir dans la voiture et se réveiller devant un grand bâtiment avec plein de gens dedans, c’est bizarre.

Arriver en avion l’hiver, vivre dans la rue puis dans un foyer puis dans un appartement grâce à Céline, l’assistante sociale.

Arriver en voiture à Nancy, c’était Rata, ça fait encore un grand sourire.

Le sourire, on le garde sur le visage, dans le cœur, dans les pensées, dans la poche, dans le ballon de foot, dans la trousse….

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